Gervais Djondo, un homme inspirant

Vérone Mankou
Vérone Mankou

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Ce billet est le premier épisode d’une série d’articles qui parleront des africains qui m’inspirent. Et pour ce premier numéro, je vous parle de Gervais Koffi Djondo, un grand homme pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Il est considéré comme l’un des pères du panafricanisme économique en plus d’être un entrepreneur hors-pair au parcours impressionnant. Et il y a beaucoup de choses à retenir sur le parcours remarquable de cet homme.

Le plus souvent, les gens voient les entreprises telles qu’elles sont aujourd’hui, dans leur forme actuelle, et oublient que la chose la plus importante dans la vie d’une entreprise est son cheminement. A titre d’exemple, Apple a pris 40 ans pour arriver où elle est ; c’est un facteur qui compte et qui ajoute une certaine valeur. Certaines autres entreprises se sont bâties en un siècle … et parfois plus ! C’est le cas de Tissot, Baccarat et j’en passe.

Gervais Koffi Gbondjidè Djondo est le co-fondateur de la banque panafricaine Ecobank, créée en 1985. Cette entreprise n’est pas tout aussi vieille que celles précédemment citées mais elle a, comme toutes les autres, le mérite d’avoir été portée par une vision forte et une persévérance indéfectible. Gervais Djondo est, en effet, un homme qui est resté inébranlablement attaché à sa vision : un caractère que les entrepreneurs n’ont pas toujours. Il a adopté cet état d’esprit dans un continent où il n’a jamais été facile d’entreprendre ; où entreprendre semble être l’une des choses les plus difficiles à faire.

Sa conduite entrepreneuriale m’a appris une chose :

Un entrepreneur, en Afrique, devrait viser l’Afrique toute entière.

Toujours est-il qu’on peut commencer dans un contexte local et plus spécifique afin de poser les jalons qui permettront de s’étendre. C’est, d’ailleurs, ce qu’a fait Gervais Koffi Djondo. Il a commencé tout petit avant de grandir progressivement en bravant, au passage, toutes formes de difficultés et obstacles. Aujourd’hui, il est une légende ; un homme qui n’a jamais baissé les bras et c’est justement ce genre de personnes que l’histoire retient.

Seriez-vous en mesure de vous rappeler du 12e ou du 7e de la classe de vos années de lycée ? J’en doute. Mais je crois que vous êtes capable de vous souvenir de celui qui était « premier » dans une de vos classes de primaire … (enfin, dans le cas où ce n’est pas vous-même 😀 ).

Les « premiers » influencent l’histoire. La banque Ecobank que nous connaissons aujourd’hui résulte de la persévérance d’un homme qui a tenu jusqu’au bout ; d’un homme qui n’a pas voulu faire parti des « derniers » et surtout d’un homme qui est resté fidèle à ses idéaux de panafricaniste.

Il ne s’est pas arrêté là. Alors qu’il avait l’essentiel, pour ne pas dire TOUT, il a continué d’entreprendre. L’homme qui se décrit comme un panafricaniste de l’économie a fondé, en 2007, Asky Airlines, une autre compagnie de dimension continentale qui relie les pays africains par la voie des airs, comme pour dire : L’avenir est dans le panafricanisme.

J’ai donc appris de Gervais Djondo que se focaliser dans un seul pays quand on peut aller au delà revient à se mettre volontairement l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Qu’il s’agisse d’un petit pays comme le Congo (en termes de superficie et du nombre d’habitants) ou d’un grand comme la RDC ou le Nigéria, on finirait par se sentir limité. Pendant qu’on y est, il qualifie même « d’égoïsme national » le fait pour les pays africains de créer des « petites » compagnies.

Gervais Djondo défend l’intégration économique des Etats africains ; un rêve qui l’a conduit à créer une banque et une compagnie aérienne panafricaines de référence. Je le considère comme l’un des africains qui m’inspirent le plus parce que sa réalité n’est pas si loin de la mienne, de par le fait que nous sommes issus de pays francophones et nous savons qu’être entrepreneur dans un pays francophone d’Afrique n’est jamais un must, comparé aux pays anglophones. Je me rappelle, quelqu’un me disait une fois :

On va du mauvais pied lorsqu’on est francophone dans le monde de l’entrepreneuriat.

Au-delà de toutes ces idées reçues, tous ces clichés et stéréotypes, il a cru en ses rêves et a pu les réaliser. Et si lui il a pu, je peux, tu peux, et nous pouvons.

Faire d’une entreprise un leader dans son secteur est un processus qui prend du temps. La précipitation conduit généralement vers le gouffre. D’après moi, ce n’est pas l’argent qui fait marcher un projet, mais plutôt la vision, la bonne gouvernance et la persévérance. Et, Gervais Djondo est la preuve vivante que ce triptyque est porteur de succès. Pour ma part, je suis le même chemin et je vous recommande de faire autant pour créer une richesse qui va profiter à l’ensemble du continent.

Reverable, n’est-ce pas ?

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