Prédiction 2018 : les tarifs d’internet ne baisseront pas (vraiment) !

Vérone Mankou
Vérone Mankou

Dans Analyse Posté le

Pour mon premier post de l’année, j’ai décidé de partager avec vous mes prédictions pour cette année 2018 dans le secteur du numérique. Faire des articles sur les prédictions dans un secteur au cours de la dernière ou la première semaine d’une année est devenu une tradition. Il s’agit pour l’auteur de dire (d’après son expérience) ce qui pourra arriver (ou pas) dans un secteur durant la nouvelle année. Le but de l’exercice, n’est pas de se faire passer pour un oracle mais plutôt d’attirer l’attention concernant des sujets sur lesquels ils faut travailler dur pour espérer faire avancer les choses.

Ma première prédiction concerne la tarification d’internet au Congo, un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et cela ne date pas d’aujourd’hui.

Il fut une époque où, pendant très longtemps, la question qui revenait dans la bouche de tout le monde était : « La fibre optique, c’est pour quand ? ». En effet, à cette époque, l’Internet par satellite avait montré ses limites et tout le monde attendait le salut qui viendrait du WACS ; la fameuse fibre qui devait désenclaver numériquement le pays. Aussi drôle que cela puisse être, une fois le Congo connecté à cette fibre, nombreux ne croyaient pas que nous étions connectés à cette fameuse fibre car la chute drastique des coûts n’était pas au rendez-vous (et la communication sur l’évènement n’était pas vraiment passée). Pendant de longs mois, les congolais (parmi lesquels les « sachants ») scandaient sur les réseaux sociaux que cette histoire de fibre n’était qu’une chimère jusqu’au jour où le hasard a voulu que l’ancre d’un bateau de pêche chinois sectionne le câble sous-marin, résultat : un blackout !

Depuis ce blackout, bien géré par Congo Télécom (je suis forcé de le constater), tout le monde est d’accord sur le fait que la fibre est bien là. Mais les gens sont aussi unanimes sur un point : les prix n’ont jamais vraiment chuté comme promis.

A tort ou à raison, les consommateurs incriminent les opérateurs (qui ne jouent pas le jeu) et/ou le régulateur (qui ne les contraint pas à baisser les prix). Dans les faits, je ne donne pas tort aux opérateurs, car pour répondre aux besoins croissant des usagers, ils sont obligés d’investir sans cesse pour prévenir les problèmes ; de gros investissement qui ne peuvent se rentabiliser facilement avec des bas prix (mais n’exagérons pas quand même). Dans ces conditions, il est aussi difficile de blâmer le régulateur qui se retrouve dans une position assez délicate. C’est pour cette raison que je pense que les prix ne vont pas vraiment baisser, il doit avoir une entente (i)licite entre opérateurs pour ne pas trop être agressif sur la question… je dis ça, je dis rien. Voyons voir si le passage de Airtel en 4G apportera du changement, mais autant vous prévenir que je n’y crois pas trop.

Par contre, je pense qu’il serait judicieux de miser sur Congo Télécom pour faire baisser les prix. Je dois avouer que l’opérateur historique fait un travail exceptionnel en acheminant la fibre auprès des ménages congolais a un prix assez raisonnable par rapport aux opérateurs mobiles (ce qui est normal) mais quand on voit les prix pratiques dans les autres pays (de la sous-région par exemple) on est quand même étonné de constater que chez nous cela revient toujours très cher, ce qui n’est pas normal. Voilà pourquoi je pense que la société mérite une restructuration, même si ça fait grincer des dents.